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              Cet article de notre site Web est TRES largement inspirée par Monsieur Jean PERREL , originaire du Pertuis, ancien professeur d'histoire, agrégé de l'Université et auteur de plusieurs monographies et publications sur Le Pertuis et sa région. Nous le prions de trouver dans ces lignes l'expression de notre gratitude pour sa contribution et pour le zèle qu'il met à revivifier le souvenir de notre passé.

      "Au Moyen Age, du moins jusqu'au XIII° siècle, le pays se présentait comme un "saltus", un territoire inculte, ce qui ne veut pas dire désert ni même inutile ; il portait une végétation rabougrie si variée ; les arbres y tenaient bien la première place et leur omniprésence ne pouvait que frapper les habitants du bassin du Puy ; ces arbres voilaient les larges surfaces d'arbustes et buissons, fougères et genêts, "chiers" et landes herbeuses ; . . .  A la vérité, cette occupation du sol n'avait rien de bien original mais ce qui peut surprendre, c'est la massivité du "saltus", son étendue et sa tardive mise en valeur; certes, depuis le X° siècle, la bande s'était rétrécie, avait été rognée mais il restait encore un large ruban de terres hermes, vides. Il y avait là, pour répondre à la poussée démographique, à la faim des hommes, une réserve, la dernière de la région, que le XIII° siècle va utiliser." [Source : Cahiers de la Haute-Loire. Année 1991]

Le commencement

     Vers 1210, les seigneurs de Glavenas font appel aux moines cisterciens de Mazan ; ceux-ci fondent un centre d'exploitation ("grange") à La Chaumette puis achètent la zone Montribant-La Vezole aux Saussac (1213) ; ils cèderont en 1298 le secteur de Lherm-Chomeil à l'Hôtel-Dieu du Puy.
     C'est alors la mise en valeur du pays : hameaux (parfois de communautés, Les Guynamans), routes, champs épierrés, défrichés, cultivés. Le seigneur de Glavenas établit un péage au passage (1ère mention en 1261) et, avant 1284, un "hospice" confié aux religieux Antonins .

Les 4 seigneuries du Moyen Age

     Glavenas garde des droits, perçoit le péage (en nature, plus tard en argent), a la haute justice (fourches patibulaires à Fourcherit). Les Antonins ont une petite commanderie : un prieuré avec l'hospice, la chapelle, le cimetière pour le bourg qui leur verse des droits mais aussi la "malauteyre" pour les malades extérieurs ; la commanderie décline dès le XV° et ce qui en restera sera acquis par le seigneur de Glavenas, Claude Polallion qui voudra être enterré dans la chapelle. Lherm-Chomeil restera à l'Hôtel-Dieu qui en est le seigneur. La Chomette est connu grâce à un remarquable recueil (cartulaire) qu'y compose le notaire Gonet Doron en 1451 (aux A.D. de l'Ardèche). Un acte de 1394 fixe les droits sur les habitants ; quand en 1451 Glavenas lui laisse la haute justice, un château peut être construit : la tour sera détruite pendant les guerres de religion ; les moines qui s'en sont retirés afferment alors l'exploitation.

Le bourg du Pertuis aux  XVI° - XVIII° siècles

     Au nord, l'estrade royale (Grande Route) traverse le coudert local, arrive au coudert public (mèze) où des chemins le rejoignent et au péage. Là, à l'ouest,  le local d'accueil dit "salle" et l'auberge; de l'autre côté, la maison à colombier du "lieutenant" de M. de Glavenas, un juriste à fonctions diverses (les Salvago et Boutier au XVII° siècle); une grande cour d'entrée la précède jusqu'à l'endroit où sera construite pour trois filles pieuses la maison d'assemblée en 1772.
     Face à cette cour, la chapelle, le logement deux pièces du prieur, ce qui reste de l'hospice et par derrière, à l'ouest, des "chasals" ou maisons. Face au petit cimetière du bourg, la maison des seigneurs de Fossier, les Pascal; cette famille de notaires, anoblie en 1480, possède tout ce qui est au sud du bourg, achète de nombreux droits surtout dans la paroisse d'Yssingeaux. L'héritage échoit aux gendres, de Leyssac, de Chabanolles ; curieusement, c'est par sa grand'mère que Blaise pascal se rattache à cette famille. Chamblas, hameau, a pris le nom de Pascal.

Les habitants aux XVI° - XVIII° siècles

     La population vit surtout dans les hameaux; le bourg n'a qu'une dizaine de maisons. On retrouve tous les groupes sociaux de l'Ancien Régime:
     Le Clergé est représenté par le chapelain choisi par M. de Glavenas ;  le curé est à Saint-Hostien où se font les offices et les enterrements (sauf pour le bourg lui-même). La dîme lui est dûe, mais parfois il doit la partager avec des chapelains.
     Les nobles : outre les Glavenas et les Pascal, les Saignard ont un fief au Vernet et à Loullier et les Chomouroux à Rioufreyt.
     La bourgeoisie est représentée par les hommes de loi de M. de Glavenas, les artisans, assez nombreux, souvent de père en fils, des maçons, des "tailheurs d'habit", des meuniers, un maréchal ferrant, des tisserands . . .
     Des paysans laboureurs forment des communautés de famille ou de village mais aussi des journaliers et beaucoup de pauvres qui vivent grâce aux communaux; parfois des drames de la faim (1678).
     L'instruction est réduite et les signatures rares. En 1762, la paroisse de Saint-Hostien compte environ 200 feux (100 pour Le Pertuis?)

La Révolution de 1789

     Dans le Cahier de Doléances de La Chomette, conservé, on se plaint de la dîme et du péage; la population va être en majorité hostile à la Révolution avec les prêtres refusant le serment, comme aussi les béates. Un des principaux épisodes dans le Velay est le "Camp du Pertuis" en avril 1795; bataille entre des groupes contre-révolutionnaires venus de la montagne (beaucoup d'insoumis) et la troupe républicaine revenant d'Yssingeaux. Plusieurs morts de chaque côté. Le banditisme né des circonstances va durer longtemps.

Le XIX° siècle

     Séparation d'avec Saint-Hostien : la chapelle est reconstruite, la paroisse nait en 1849 avec un curé, Michel, et un vicaire. Malgré les oppositions, la commune est créée en 1852 (Jean-Claude Tempère, 1° maire). Arrive aussi un maître. Un nouveau cimetière peu après, puis la maison d'école (1883), des routes vers la gare (la "Galoche" en service en 1890), vers La Pénide puis vers Rosières, l'érection d'un clocher, tous travaux d'avant la guerre de 1914; disparaît le relais de poste qui avait été établi en 1817 après la réalisation du nouveau tracé de la RN88 évitant le bourg; disparaît aussi la garde assurée par la brigade de Saint-Hostien.
     Le paysage change avec un boisement intensif entre 1830 et 1870; les communaux à pâture se réduisent de plus en plus, ce qui ruine les pauvres et accentue l'exode rural.
     La population est à son maximum en 1891 (1112 h); elle passe à 601 en 1936 (347 en 1982); victimes, surtout les hameaux: Villevieille avait en 1820 97 habitants en 18 maisons ( Le Pertuis bourg, 63 en 26 maisons). L'exode rural s'est ajouté à l'hécatombe de la guerre 1914-1918.

[Source du texte: des notes résumant les causeries de Jean Perrel à la salle Blaise Pascal en 1989-1990 et des compléments apportés par la suite ]


Pour compléter cette page, laissons la parole à un autre auteur d'un niveau hors du commun : le Conseil d'Etat du Roi (Août 1728). Nous avons modernisé la présentation pour en faciliter la lecture, mais nous avons conservé la langue du 18° siècle.
 

 

A R R E S T

DU CONSEIL D ' ESTAT

D U R O Y,

Qui conserve le Sieur de Glavenas dans le

Droit de Peage qui se perçoit au village de

Perthuis, dans la seigneurie de Glavenas.

Du 24 Aoust 1728

Le Roy estant en son Conseil, conformément à l'avis desdits Sieurs Commissaires, a conservé & conserve ledit Sieur de Glavenas dans le Droit de péage qui se perçoit au Village de Perthuis dans sa Seigneurie de Glavenas, pour en jouir suivant le tarif qui suit, Scavoir :

1. La charge de cheval ou asne, de bled, vin & sel, trois deniers une obole.

2. La charge d'autres grains que du bled, un denier, une obole.

3. La charge de chair salée ou poisson salé, un sol neuf deniers

4. La charge de poisson frais, deux sols au lieu d'un poisson.

5. La charge de sel, un sol onze deniers.

6. La charge de figues ou amendes, dix deniers une obole.

7. La charge de pois, six deniers.

8. La charge d'huile, beurre, fromages, confitures, pastel, cire, suif & autres épiceries, un sol neuf deniers.

9. La charge de draperies & merceries, comme draps, étamines, futaines, coton, laine & chapeaux, un sol neuf deniers.

10. La charge de cuir raz & cuir de veau, un sol neuf deniers.

11. La charge de cuir en poil, & de peaux de mouton ou brebis avec la laine, & toutes autres peaux, dix deniers une obole.

12. Par paquet ou fardeau porté à col, un denier.

13. Par homme à cheval qui porte des ouvrages d'orfèvrerie, un sol neuf deniers.

14. La charde de métaux comme cuivre, étaim & fer, un sol neuf deniers.

15. La charge de plomb, trois deniers une obole.

16. La charge d'épées & de couteaux, un sol neuf deniers.

17. Pour la charge de pots de terre, un sol au lieu d'un pot.

18. La charge de cordes ou filets, un sol neuf deniers.

19. La charge de chanvre, dix deniers une obole.

20. Pour une charrette chargée des marchandises cy-dessus, il sera payé à proportion de trois charges de cheval ou

asne.

21. Par charrette chargée de verres ou flacons, cinq sols, au lieu de deux grands verres & un petit verre.

22. Pour chacune rafle de verres, un sol au lieu d'un verre.

23. Par charrette chargée d'ais ou de futailles, six deniers.

24. Par charrette chargée de cercles, six deniers au lieu d'une paire de cercles.

25. Pour paire de roues de voitures, six deniers.

26. Pour une meule de moulin, cinq sols.

27. Pour une meule de Coutelier, dix deniers.

28. Pour chaque cheval ou jument, ferré, ou qu'on mène vendre, un sol neuf deniers.

29. S'ils ne sont pas ferrez, il ne sera payé que dix deniers une obole.

30. Par mulet ou mule de deux ans, un sol neuf deniers.

31. Si le mulet ou la mule n'ont qu'un an, il ne sera payé que dix deniers une obole.

32. Pour un asne ferré, dix deniers une obole.

33. S'il n'est pas ferré, il ne sera payé que trois deniers.

34. Pour chacun boeuf ou vache qu'on mène vendre, trois deniers une obole.

35. Par pourceau, chèvre ou bouc, un denier une obole.

36. Par cent de moutons ou brebis, deux sols un denier, & à proportion s'il y a plus ou moins : aux conditions que ledit Sieur de Glavenas, les Commis & Receveurs, ne pourront percevoir d'autres ni plus grands droits, qu'il acquittera les charges dont il est tenu pour raison dudit droit, & qu'il se conformera aux Edits, Arrests & Règlemens concernant les Droits de Péages, sous les peines portées par les Ordonnances.

 

Fait au Conseil d'Estat du Roy, Sa majesté y estant, tenu à Fontainebleau le vingt-quatre Aoust mil sept cens vingt-huit. Signé PHELYPEAUX.


 

 

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